Analyse du mois : Les perspectives d’exportations de matériels de sécurité et de défense en Afrique de l’Ouest, par Dr. Jean-Marc BALENCIE, chef du pôle Analyse Risques-Pays du Groupe Risk&Co.

 

L’Afrique véhicule trop souvent une image misérabiliste et violente, combinant pauvreté, sous-développement, prédation, conflits et affrontements inter-communautaires, aux racines et aux enjeux variés.

C’est oublier que ce continent offre de multiples opportunités en matière économique, résultant de l’immense superficie de sa surface territoriale et de ses espaces maritimes adjacents, de l’abondance de ses ressources naturelles (agricoles, aquifères, minières, énergétiques…) et du dynamisme de ses populations.

Si les conflits de nature interétatique sont historiquement relativement rares et limités dans cette zone du monde, les menaces contemporaines pesant sur ces États se caractérisent, pour l’essentiel, par des dimensions à la fois transnationales, non étatiques et souvent non spécifiquement militaires.
Dans de nombreux Etats, les forces armées traditionnelles éprouvent des difficultés à faire face à cette diversité des menaces. Cet état de fait est à la fois la cause et la conséquence de la relative faiblesse des dépenses militaires en Afrique de l’Ouest.

La dernière étude du SIPRI sur les grandes tendances des dépenses militaires mondiales, diffusée début mai 2018, indique qu’en 2017 les dépenses militaires africaines s’élevaient à 42,6 milliards de $ (sur un total mondial de 1 739 milliards de $). L’essentiel de la « dépense subsaharienne » se répartit entre 4 Etats : l’Angola, le Nigeria, l’Afrique du sud et le Soudan.

On constate cependant que les principaux acheteurs africains sont pratiquement tous des producteurs d’énergie et que le montant de leurs dépenses militaires est étroitement corrélé à l’évolution du prix du baril. Ce dernier étant récemment remonté aux environs de 80$, les marges de manœuvres financières des Etats producteurs d’Afrique de l’Ouest s’améliorent nettement.

Quelques créneaux apparaissent ainsi porteurs, en particulier ceux permettant d’assurer aux États africains un meilleur contrôle de leur territoire et de leurs frontières : systèmes de communication, couverture radar, matériel roulant, avions de transport et aéronef d’observation (avions, hélicoptères, drones), équipements non létaux de sécurité et de contrôle des foules.

Le salon international de la sécurité et de la défense ShieldAfrica qui se tiendra à Abidjan du 22 au 24 janvier 2019 sera une occasion pour les industriels du secteur de saisir ses opportunités commerciales et d’approcher les forces de sécurité d’Afrique de l’Ouest.

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