L’analyse du mois : l’escalade des tensions entre la Serbie et le Kosovo

A la suite de la déclaration d’indépendance de la Serbie en 2008, les tentatives de normalisation des relations entre les deux pays se sont multipliées, souvent à l’initiative de l’Union européenne. La Serbie se refuse cependant à reconnaître le Kosovo. Depuis 2018, ces tensions endémiques entre les deux États se sont ravivées. Le 20 novembre 2018, Interpol a rejeté la candidature du Kosovo pour la troisième fois, en raison de la pression exercée par la Serbie. En représailles, le Kosovo a augmenté de 10 à 100% les tarifs douaniers sur les biens serbes, nonobstant la violation manifeste de l’Accord de libre-échange centre-européen (ALECE). Le 29 avril 2019, un sommet informel s’est tenu à Berlin, à l’initiative de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Emmanuel Macron, afin que la Serbie et le Kosovo renouent le dialogue. Fort de cette première rencontre, le couple franco-allemand avait programmé un second sommet analogue, courant juillet 2019, avant que le Premier ministre serbe, Ana Brnabic, ne conditionne sa participation à l’annulation des hausses de tarifs douaniers.

Malgré la paralysie des négociations, le couple franco-allemand ne semble pas décidé à renoncer, comme en atteste la visite à Belgrade du Président Emmanuel Macron le 15 juillet dernier. Afin de démontrer leur volonté d’envisager une sortie de crise, les présidents kosovar et serbe se sont accordés sur l’éventualité d’une « correction des frontières » en août 2019. Cette nouvelle partition pourrait se matérialiser par un échange des régions du nord du Kosovo contre les régions serbes à majorité albanaise (la vallée de Preševo notamment). La perspective de cet accord, anxiogène pour certaines des minorités concernées, pourrait entrainer des violences. Dans ce contexte, les analystes du Groupe Risk&Co recommandent le report des voyages d’affaires dans les municipalités de Mitrovica, Zubin-Potok, Leposavic et Zvecan (nord du Kosovo). Plus généralement, la zone frontalière avec la Serbie (nord) doit être évitée car elle présente un risque significatif d’affrontements.

 

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